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Chouette philosophie!

La chouette de Minerve (déesse romaine de la sagesse et de la science) symbolise la philosophie. Ce n’est qu’à la tombée de la nuit que la mythique bestiole prend son envol. Avec ses grands yeux allumés, elle nous incite à croire que la nuit est davantage propice à la réflexion et nous permet même de voir plus loin. Pour s’en convaincre, il faut savoir que la portée de l’œil durant le jour est d’à peine quelques kilomètres, alors que pendant la nuit nous percevons des étoiles et des galaxies situées à des millions d’années-lumière… Cher visiteur, ce blog se présente donc comme une chouette invitation à tenter de voir plus loin, plus clair et plus en profondeur. Bonne réflexion !

Nos gestionnaires de l'éducation seraient-ils en train de tuer l'école?

Publié le 24 Janvier 2014 par La chouette

Nos gestionnaires de l'éducation seraient-ils en train de tuer l'école?

Lisez cet article, c'est consternant... Le système s'organise pour que les jeunes du secondaire, sans réel succès, obtiennent quand même leur diplôme afin d'améliorer leur employabilité... Alors, pourquoi parler encore de diplôme? Ne devrait-on pas plutôt parler d'un simple «permis de travail»? Ouf! Un autre coup dur contre la culture au profit de la marchandisation de l'éducation. On n'est pas sorti du bois les amis...

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R
Malheureusement, cet article ne m’apprend rien de surprenant, mais il reste tout de même choquant. Je suis concernée par le fait que l’éducation soit désormais considérée comme une industrie, une usine où les élèves ne sont que de vulgaires produits, une source de revenus. Comme avec tout marché, on privilégie la quantité à la qualité. Comme le démontre les statistiques, de plus en plus d’élèves obtiennent leur diplôme d’études secondaires, mais de moins en moins d’entre eux ont les qualités requises. L’éducation d’aujourd’hui est un exemple parfait de l’éducation utilitaire que redoutais tant Jean-Jacques Rousseau. En effet, celui-ci dénoncerait grandement notre système qui inculque à ses jeunes des connaissances purement utiles et techniques, dans le seul et unique but de les placer sur le marché du travail. Comme il essaie de le démontrer dans son ouvrage « Émile ou De l’éducation », une éducation basée sur la nature, sur le cheminement personnel et sur la réflexion pourrait être grandement plus bénéfique qu’un simple bourrage de connaissances. On devrait favoriser des « produits » de qualités qui, même s’ils sont en moins grande quantité, sauraient au moins penser par eux-mêmes et feraient évoluer la société.
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R
Voici le lien où on dénonce l'article de La Presse : http://innovationseducation.ca/le-diplome-detudes-secondaires-est-toujours-bien-vivant/
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L
Merci, mais il faut préciser que tu as bien su camper et relancer le sujet... Précisons encore que le Québec s'est orienté vers une démocratisation de l'éducation qui a donné ses fruits. Maintenant le défi est de taille, comment inciter le grand nombre à atteindre des standards plus élevés?
R
Vraiment un beau texte, Louis. L'exemple du rite de passage dit tout en peu de mots.
R
Fameusement dit, Louis.
L
Tu as raison de te poser ces questions, Roger. On reconnaît là ta grande sensibilité. Ce souci de ne pas trop léser ou stigmatiser le jeune t'honore. En effet il faut s'assurer de prendre les bonnes décisions, car le système d'éducation peut tout aussi bien aider une personne à se construire ou, au contraire, détruire à jamais son estime personnelle... Que choisir entre l'approche traditionnelle, plus stricte et plus rigoureuse, et la récente approche plus souple et complaisante? J'ai eu ce genre de discussion à maintes reprises, et bien sûr chacun y va de ses convictions dans ce débat selon sa personnalité, ses valeurs et ses croyances. En ce qui me concerne j'ai tendance à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour aider quelqu'un dans son cheminement, mais en même temps je considère que le diplôme d'études secondaires ou le Diplôme d'études collégiales, tout comme les études universitaires, sont en quelque sorte des rites de passage à l'âge adulte. En ce sens, tout comme cela se déroulait dans les sociétés archaïques, le jeune doit passer une épreuve afin d'être reconnu comme un adulte. En passant, c'est pas mal moins éprouvant de passer son secondaire V que de devoir tuer un ours, comme c'était le cas dans certaines tribus amérindiennes... ;-) Donc, si on veut que ce rite de passage ait de la valeur il ne faudrait pas le rendre trop facile. Je ne voudrais pas d'une société où l'on sombrerait dans l'excès de complaisance et la sensiblerie à outrance... Nous sommes en train de dénaturer la notion de réussite. Le système d'éducation met énormément d'effort en ce moment afin qu'un grand nombre de jeunes qui ne le méritent pas nécessairement obtiennent la fatidique note 60%. Entre nous, qui voudrait être soigné par un médecin qui n'a obtenu que la note de passage? Est-ce dans l'esprit de la réussite que de «passer sur les fesses», comme on dit? Avoir 60%, ce n'est pas une réussite, à mon avis, on ne fait que sauver les meubles... Au secondaire, combien d'examens ou de travaux qui mériteraient 20% ou 30% reçoivent quand même la note de 50% afin de ne pas trop brimer le jeune. Il y a là un certain laxisme qui dévalorise la valeur du diplôme. Et que dire de ceux qui passent à l'année suivant sans avoir mérité ce privilège? Je suis bien d'accord qu'on prenne des mesures pour aider les jeunes, mais pas qu'on les fasse passer à tout prix, malgré eux... Même si c'est une expérience difficile pour l'individu, certaines personnes ont besoin de vivre l'échec afin de devenir quelqu'un... Comme tu le dis, Roger, on apprend davantage de ses échecs que de ses réussites. De plus, si on éduque toute une société à l'école de la facilité, notre Québec se présentera comme une équipe de hockey Pee-Wee sur la patinoire des grands...
R
Quelqu'un m'a déjà raconté qu'il avait interrompu son cours de CEGEP sur un coup de tête, à 20 ans. Il lui restait une session à terminer et quelques cours à reprendre pendant l'été avant d'obtenir son diplôme, mais un heureux hasard a voulu qu'il déniche un emploi sûr avant d'avoir eu le temps de réorienter ses études. Trente ans plus tard, il m'avouait que pendant plus de 20 ans, il avait suivi des cours en rêve presque chaque nuit afin de décrocher son diplôme. <br /> <br /> Que penser de ces rêves de décrocheur pour le moins culpabilisants? Le poids de l'échec ou le sentiment de ne pas avoir su mener à son terme un cours qu'il avait les capacités de terminer? Les deux à la fois, m'a dit mon interlocuteur. Pendant des années, il a eu peur de perdre son emploi et de se retrouver sans aucune police d'assurance, sans aucun diplôme lui permettant d'espérer continuer à gagner sa croûte. Alors il rêvait qu'il complétait son cours pendant la nuit. Et ça a duré des années.<br /> <br /> Je prends la liberté de faire ici un lien avec le décrochage et le fait de doubler une année scolaire, car je considère que les deux situations doivent générer le même sentiment d'échec. Si le décrochage peut traumatiser autant un individu donné, qu'en est-il de ce que peut ressentir un étudiant qu'on oblige à recommencer son année avec des plus jeunes que lui en plus de l'obliger à étudier la même matière une deuxième ou une troisième fois? Il me semble qu'il doit traîner un fardeau bien lourd à porter. Il se peut que ce doubleur soit en grande partie responsable de son échec mais il faut convenir que nous n'avons pas tous la même facilité à apprendre et qu'il n'est peut-être pas tout à fait responsable de ce qui lui arrive.<br /> <br /> Pas facile de départager ce qui juste ou injuste pour un doubleur quand on sait qu'on ne naît pas tous égaux. Lui faire passer son année alors qu'il n'a pas acquis une connaissance suffisante de la matière à apprendre, c'est un peu le faire foncer dans un mur pour les années suivantes. S'il n'a pas acquis les connaissances de base, comment penser qu'il pourra réussir ses autres années sans difficultés. D'un autre côté, le faire doubler peut signifier pour cet individu qu'on l'abonne à la honte et à l'échec pour longtemps, ou encore, c'est lui apprendre la persévérance en lui donnant une chance de se reprendre. Qu'est-ce qui est mieux? Le faire doubler ou le catapulter dans un mur?<br /> <br /> En fin de semaine, un article de journal avançait qu'un élève qui obtient une note globale de 61% n'est pas mieux outillé pour poursuivre ses études qu'un autre qui aurait obtenu 57%. Les deux ont des problèmes d'apprentissage, c'est évident. Pourtant, l'un change de niveau alors que l'autre risque de reprendre son année au complet. Que faut-il en penser? Est-ce que le Ministère de l'éducation aurait tenu compte de cet état de fait pour donner le plus de chance possible aux élèves en difficultés en les faisant passer malgré tout? Je pose la question car je n'ai pas de réponse pour l'instant.<br /> <br /> Rien de pire que de traîner une mauvaise image de soi. Dernièrement, quelqu'un de ma famille m'avouait avoir doublé une année scolaire. Personne de ma famille n'en a jamais rien su puisque mes parents avaient incité ce membre de ma famille à reprendre son année en l'obligeant à garder le secret. Ils avaient voulu protéger la personne en question des quolibets familiaux et fait en sorte qu'elle ne reste pas marquée au fer rouge. Je crois que mes parents avaient pris là une assez bonne décision même si le fait d'avoir installé ce silence a dû développer un sentiment négatif à la base. Mais je reconnais là les valeurs que mes parents ont voulu nous léguer; la persévérance et l'humilité en font partie. <br /> <br /> Et c'est ici que je prends position. Je ne nie pas qu'on peut être marqué par le fait de doubler une année mais rien ne m'apparaît plus dommageable que le laxisme et le relâchement des exigences de base en éducation. Par expérience, je peux témoigner que les échecs rendent plus humble et plus humain. Le nivellement par le bas, c'est une bien mauvaise idée. On ne peut exempter personne de vivre des situations que tous les individus finissent par vivre un jour. On grandit bien plus de nos échecs que de nos réussites et il est faux de croire qu'on doit à tout prix éviter de traumatiser quelqu'un en minimisant ses échecs. Pour qu'un diplôme conserve toute sa valeur, il faut qu'il soit représentatif du travail qu'il a fallu produire pour l'obtenir. Donc, à bas le nivellement! L'individu avant les statistiques du Ministère ou de l'école.
R
Louis, c'est la réplique que j'attendais de toi. Il fallait qu'elle vienne de quelqu'un qui oeuvre dans le milieu de l'enseignement. Comment savoir quand on n'a aucune antenne dans ce monde bien particulier? Je me fie à ce que tu écris.<br /> <br /> Il est bien vrai que le critique Girard semble un peu trop vendu aux méthodes du Ministère. Suspect...<br /> <br /> D'un autre côté, j'avoue que je n'ai jamais réfléchi aux questions suivantes. Quelle influence sur le futur d'un individu qui ne passe pas une année et qui se voit obligé de recommencer? Peut-il en être affecté pour la vie ou est-ce seulement un apprentissage de l'humilité et de la persévérance? Devient-il un meilleur individu en prenant le dessus sur ses difficultés d'apprentissage? Annuler le diplôme d'études secondaires, n'est-ce pas ce nivellement par le bas qui nous offusque tant? Il ne faut surtout pas brimer les jeunes, disent certains pédagogues... <br /> <br /> Je vais réfléchir à tout ça. En attendant, si tu as des réponses, je les accueillerai avec plaisir.
L
Il faut reconnaître que le texte de Stéphane Lévesque manque de finesses, mais son message demeure quand même pertinent. Je ne suis pas du tout impressionné par la réplique de cet obscur magirard, qui n'a pas le courage d'afficher son véritable nom et qui semble prendre un malin plaisir à dénigrer notre prof de français. Lorsqu'on considère que quelqu'un se trompe, on n'a pas à l'attaquer personnellement en insinuant qu'il avait la tête dans le sable. Le but de cette opération, de ce sophisme, c'est de ridiculiser la personne afin qu'on ne puisse plus accorder de crédit à ses idées. Pourtant, nous savons très bien qu'il y a des jeunes du secondaire 1 par exemple qui ont échoué leurs maths et sont passés tout naturellement en secondaire 2. Donc, personnellement, je considère qu'il y a là un réel problème. Et magirard ne nous donne pas de statistiques, il se cantonne bien au chaud dans sa langue de bois officielle, comme si le Ministère de l'éducation faisait un travail exceptionnel... Lorsqu'il affirme: «Il est faux de prétendre qu’un élève qui échoue tous ses cours en première secondaire est automatiquement promu en deuxième secondaire.», magirard semble vouloir nous dire qu'il n'y a aucun problème là. On peut comprendre qu'il s'agit ici d'un procédé rhétorique, car même si l'élève ne passe pas automatiquement en secondaire 2, il y en a tout de même un certain nombre qui passent en douce... Quel est ce nombre exactement? C'est ce genre d'information qu'il aurait été intéressant de lire plutôt que la propagande du Ministère... Les enseignants ne sont pas dupes et voient très bien que l'école n'échappe pas à la marchandisation, au clientélisme et à la dérive des compétences. Oui, je suis d'accord avec Stéphane Lévesque que bientôt, si la tendance se maintient, le DES (Diplôme d'Études Secondaire) aura la valeur d'un simple permis de travail. Car voyez-vous, il est plus simple de faciliter la tâche des décrocheurs potentiels plutôt que de les inciter à se dépasser... Avec un DES en poche des milliers de garçons et filles pourront enfin travailler. Ainsi va l'économie marchande toute puissante...
R
Je viens de lire un autre article qui dénonce la conclusion apparemment hâtive publiée dans La Presse. À suivre...
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J
Avec un système qui veut a tout prix éviter la compétition entre les jeunes étudiants, pour que personne ne se sente rabaissé, ou inférieur en plus de toujours abaisser les exigeances de réussites, on a ici la preuve que le système fait du nivèlement par le bas....
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