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Chouette philosophie!

La chouette de Minerve (déesse romaine de la sagesse et de la science) symbolise la philosophie. Ce n’est qu’à la tombée de la nuit que la mythique bestiole prend son envol. Avec ses grands yeux allumés, elle nous incite à croire que la nuit est davantage propice à la réflexion et nous permet même de voir plus loin. Pour s’en convaincre, il faut savoir que la portée de l’œil durant le jour est d’à peine quelques kilomètres, alors que pendant la nuit nous percevons des étoiles et des galaxies situées à des millions d’années-lumière… Cher visiteur, ce blog se présente donc comme une chouette invitation à tenter de voir plus loin, plus clair et plus en profondeur. Bonne réflexion !

Réfléchir de façon nuancée, est-ce encore possible aujourd'hui?

Publié le 2 Mars 2016 par La chouette

C'est la grande philosophe Anna Arendt qui nous faisait prendre conscience lors du célèbre procès Eichmann, que certaines personnes dans le régime nazi étaient incapables de réfléchir de façon compétente. Est-ce le cas présentement au Québec sur une ribambelle de sujets. Est-ce le cas de Lise Thériault, de la ministre Vallée et de façon regrettable et surprenante pour Marie-France Bazzo. Il faut lire le texte de Patrick Lagacé sur leur vision minceur voire étriquée du féminisme...

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Patrick Lagacé relève là des points intéressants dans cette courte analyse du féminisme. En particulier, la minceur du propos de Lise Thériault qui nous ramène à ce qui se dit normalement dans une chambre des joueurs : « Let’s go, les boys ». Tellement simpliste que ça n’en vaut pas la peine d’épiloguer longuement sur tant de bêtise. Comme si on faisait avancer une société par des phrases aussi vides et insignifiantes prononcées par une seule personne à la fois.<br /> <br /> Lagacé l’a bien dit, pour que des Lise Thériault puissent occuper un poste de deux de pique au gouvernement, il a fallu de nombreuses batailles et des femmes ayant un courage rare pour oser affronter la « mâlitude » environnante de l'ensemble du siècle dernier. Sans ces batailles épiques, il y aurait peu ou pas de femmes en politique, elles seraient toutes confinées, encore et toujours, à l’entretien ménager.<br /> <br /> Ce sont ces mouvements de masses qui ont permis une certaine émancipation de la femme. Pour faire bouger des mentalités, il faut des manifestant(e)s qui protestent haut et fort, il faut des personnes engagées, il faut de la conviction. Et tout ceci ne peut survenir qu’avec des actions de groupes de pression. Car les gouvernements ne changent que quand il y a de la pression.<br /> <br /> Quand je vois des Thériault, Vallée et Bazzo venir nous dire qu’elles ont défoncé des portes par leur seule force de caractère, par leur seul « empowerwomanship », par des « let’s go, baby », je meurs d’envie de rire. J’aimerais seulement les ramener en 1960 pour leur demander comment elles auraient pu, à la seule force de leur caractère, faire bouger quoi que ce soit dans une société sclérosée et misogyne à mort. Et là, je ne parle pas du début du siècle et des années ’40, et ’50. C’était pire encore.<br /> <br /> Mon idée de tout ce brassage anti-féminisme, c’est que ces femmes, d’une génération qui n’a pas vraiment eu connaissance des batailles éprouvantes menées avant leur naissance, sont un peu déconnectées. Elles se sentent fortes parce qu’elles ignorent ce qui leur a permis d’occuper les places qu’elles occupent aujourd’hui. Et il y a là beaucoup d’égoïsme de leur part : je me suis fait moi-même, pensent-elles à tort.<br /> <br /> L’émancipation des femmes sera toujours à faire et à compléter. Le moindrement qu’on relâchera la pression, le machisme à l’iranienne reviendra au galop. Pour contrer le retour du boomerang, il faut continuer à lutter, hommes et femmes, et rester solidaires d’une idée de justice et d’égalité. La solidarité serait le mot-clé de mon propos. Tout à l’opposé de ce que démontrent tous ceux et celles qui se disent non féministes. <br /> <br /> Si on est pour la justice et l'égalité, on ne peut qu'être féministe.
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