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Chouette philosophie!

La chouette de Minerve (déesse romaine de la sagesse et de la science) symbolise la philosophie. Ce n’est qu’à la tombée de la nuit que la mythique bestiole prend son envol. Avec ses grands yeux allumés, elle nous incite à croire que la nuit est davantage propice à la réflexion et nous permet même de voir plus loin. Pour s’en convaincre, il faut savoir que la portée de l’œil durant le jour est d’à peine quelques kilomètres, alors que pendant la nuit nous percevons des étoiles et des galaxies situées à des millions d’années-lumière… Cher visiteur, ce blog se présente donc comme une chouette invitation à tenter de voir plus loin, plus clair et plus en profondeur. Bonne réflexion !

Avons-nous peur de l'avenir?

Publié le 12 Janvier 2013 par La chouette

Avons-nous peur de l'avenir?

C'est en lisant l'article de Raymond Lemieux de Québec Science que cette question s'est imposée à moi. Il parle de Révolution tranquille et d'une époque, celle des années 1960, où «l'avenir ne faisait pas peur». On s'est donné un projet social stimulant et on a foncé tête baissée. N'ayons pas peur des mots, cette décision a fait du Québec l'une des sociétés les plus avancées dans le monde. Pensons à l'assurance santé, à l'assurance chômage, au bien-être social, aux garderies à $7.00, au congé parental, à l'hydroélectricité, à l'aéronautique, à l'industrie pharmaceutique, au numérique, à l'égalité homme/femme, au réseau des caisses Desjardins, à la création des cégeps (qui font l'envie des américains entre autres) et du réseau des universités du Québec, et j'en passe... En contemplant le panorama, pourquoi s'arrêter de si bon matin? Pourquoi ne pas penser à la phase 2 de la Révolution tranquille, en se dotant du meilleur système d'éducation au monde. Comme l'écrivait Marie-France Bazzo dans son collectif «De quoi le Québec a-t-il besoin en éducation?», nous sommes «condamnés à l'excellence» les québécois, si nous voulons que notre culture survive. Justement, la survie, là est la question... Je me demande dans quelle mesure cette «volonté de puissance» comme disait le philosophe Nietzsche est toujours bien vivace chez-nous. Les québécois sont-ils en train de se ramollir et d'avoir peur de l'avenir? Là-dessus, ne perdons pas de vue que la peur et l'apocalypse à venir, ça fait vendre des journaux... Ne nous laissons pas influencer par tant de balivernes... Il faut vivre ici et maintenant, avec de l'idéal au coeur, sinon tout est foutu. Personnellement, je ne crois pas au scénario catastrophiste de fin du monde. Nous nous étions pourtant émancipés de la pensée mythique et de l'implacable destinée. À une certaine époque, une appendicite était un décret divin, maintenant c'est une chirurgie d'un jour. En ce sens, l'avenir est ouvert... Nous avons de grands défis à relever et il faut les considérer avec tout le sérieux possible, mais la peur ne mène nulle part. Les choses évoluent, c'est ce qui rend la vie intéressante. Soyons créatifs les jeunes et moins jeunes, cette vie nous appartient et l'avenir sera ce que nous en ferons collectivement... Et si l'éducation était l'ingrédient de cette chimie collective...

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R
Coudonc, la Chouette, tu as tout dit. Que me reste-t-il à écrire après pareille envolée? J'aime beaucoup ton propos et tes exhortations. Vibrant appel pour réaliser nos rêves et se réaliser par la même occasion. L'éducation, bien sûr, c'est la clé. En lisant ton excellent résumé sur l'urgence de devenir qui régnait dans les années 60, je me suis demandé comment l'apathie générale qui a précédé le printemps érable pouvait s'expliquer. Je crois que c'est principalement une question de leaders. La brochette de politiciens qu'il y avait dans les années 60 n'a rien à voir avec les politiciens d'aujourd'hui. Et, conséquemment, cette faible cohorte politicienne des années 2000 a semé les virus de l'apathie et du cynisme dans la population. Rien de plus démobilisateur que le cynisme. Heureusement, le récent changement de gouvernement devrait nous faire découvrir quelques politiciens d'envergure mais on sera quand même loin des cerveaux des années 60 et 70. Il ne faut pas désespérer, les jeunes se sont réveillés. Les gaz lacrimogènes, quel bon stimulant!
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L
Les temps changent, et il ne faut pas oublier que les jeunes sont de plus en plus lents à quitter le nid familial. Tu sais, Roger, en matière de nid je m'y connais! J'ai encore quelques rejetons qui n'en finissent plus de ne pas vouloir prendre leur envol. J'ai le coeur trop tendre et je ne vais pas les jeter en bas du nid. Je vais attendre patiemment en leur prodiguant quelques conseils rassurants... Au niveau politique, c'est la même chose qui se produit. Lorsqu'on observe la scène internationale, ce n'est pas très rassurant. Il va donc falloir répéter et répéter inlassablement nos arguments en faveur de la souveraineté, et être patients...
R
Certains ont l'arme à l'oeil, et d'autres, volatiles follement émotifs, la larme à l'oeil. Tu sais, chère pichenette, ça prend un minimum d'intelligence pour résister à la corruption ambiante. Toute personne aux neurones le moindrement en forme sait que le tricheur se fait toujours prendre. Au contraire, un handicapé du cerveau comme le précédent premier ministre fantoche du Québec l'ignorait complètement. Je maintiens que les années 60-70 nous ont donné un fort pourcentage de cerveaux qu'on n'est pas prêt de revoir. Bien sûr, il y a Petite poucette qui s'en vient mais il lui faudra développer des qualités altruistes qui semblent lui faire défaut avant qu'elle puisse laisser une marque visible. Ce n'est donc pas avant 20 ans qu'on verra des changements notables chez nous, à moins qu'on ne réussisse à faire l'indépendance. C'est malheureux qu'une idée aussi mobilisatrice que l'indépendance ne soit pas plus prisée par les jeunes. Ce n'est pas parce qu'une idée a plus de 100 ans - eh oui, on en parlait déjà au 19e siècle et peut-être même avant - qu'elle n'est pas souhaitable. Quand on sait que les adolescents de toutes générations ne visent rien d'autre que leur propre émancipation, on se demande pourquoi l'émancipation d'un peuple qui n'a rien en commun avec le pays qui essaie de l'assimiler à sa langue et à des valeurs non partagées ne s'est pas encore faite. En fait, il y a plusieurs raisons. Comme le disait si bien Jacques Parizeau, à un mauvais moment, il y a l'argent et les ethnies qu'on n'a pas encore réussi à convaincre du bien-fondé de nos idées émancipatrices. Il y a aussi cette peur démagogique distillée sciemment par le gros Canada et sa mauvaise foi proverbiale. N'oublions jamais qu'il a triché lors du référendum de 1995 et que nous en subirons les conséquences encore longtemps. À moins que Petite poucette ne donne un bon coup de pied dans la porte comme lors du printemps érable. Ah il est loin le printemps québécois que je souhaite ardemment.
L
Cher Roger, tes propos sont presque lacrimogènes pour moi. C'est trop de bonté! N'oublie pas que je suis un animal sensible voyons! Le chapelet de politiciens sans envergure dont tu parles, ce n'est pas tant une question de cerveau que d'éthique. René Lévesque avait le coeur à la bonne place. C'est peut-être parce qu'il a été témoin des horreurs de la guerre lorsqu'il était journaliste. Je ne sais pas, mais une chose est certaine, je préfère un politicien qui écrit lui-même ses discours sur un coin de table entre deux cigarettes qu'un politicien qui ne fait que réciter des textes dictés à l'avance. Depuis Ronald Reagan, ancien acteur, comme Président des USA et Arnold Schwarzenegger, ancien Gouverneur de la Californie qui a incarné «Conan le barbare» au grand écran, plus rien ne me surprend en politique... «L'homo politicus» actuel a tout de la marionnette. On parle à sa place. Je le soupçonne même de faire du «lipsync» tel Plastic Bertrand... Ce que le Québec a besoin présentement, c'est de gens courageux qui oseront affronter le marionnettiste pour le bien du plus grand nombre. Le véritable défi c'est celui-là, car le maître des fils a tissé une toile qui empêche les vrais humains d'accéder aux plus hautes fonctions. Si on pouvait déjouer le marionnettiste, on pourrait régler rapidement la question environnementale, les problèmes avec le système de santé et bien d'autres. J'ai confiance en la jeunesse montante. Petite poucette sera au pouvoir dans dix ans selon Michel Serres. Au travail les jeunes...
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