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Chouette philosophie!

La chouette de Minerve (déesse romaine de la sagesse et de la science) symbolise la philosophie. Ce n’est qu’à la tombée de la nuit que la mythique bestiole prend son envol. Avec ses grands yeux allumés, elle nous incite à croire que la nuit est davantage propice à la réflexion et nous permet même de voir plus loin. Pour s’en convaincre, il faut savoir que la portée de l’œil durant le jour est d’à peine quelques kilomètres, alors que pendant la nuit nous percevons des étoiles et des galaxies situées à des millions d’années-lumière… Cher visiteur, ce blog se présente donc comme une chouette invitation à tenter de voir plus loin, plus clair et plus en profondeur. Bonne réflexion !

Chris Hadfield, un astronaute hors de l'ordinaire...

Publié le 14 Mai 2013 par La chouette

Chris Hadfield, un astronaute hors de l'ordinaire...

Les humains m'étonneront toujours. Vous êtes dépourvus d'aile, mais vous savez voler. De plus, vous avez trouvé le moyen de vous rendre jusque dans l'espace, un rêve que même les chouettes, les aigles ou encore les albatros n'ont jamais eu l'audace d'imaginer. Bravo à Chris Hadfield qui a su humaniser l'espace! On a l'impression que c'est le premier humain, au sens plein du terme à avoir séjourné dans l'espace. Un scientifique soit, mais surtout un esthète, artiste, musicien, adepte de la photographie, de la vidéo et des technologies de l'information, amoureux de la terre; un être sociable, généreux, d'une grande disponibilité... En faisant partager son trip à des millions de personnes de par le monde, Chris Hadfield vous a rendu un grand service, en montrant la beauté de ce monde vu de l'espace. C'est souvent la distance qui rapproche... «Et tout ça, ça se passe quelque part dans l'espace sur une boule qui roule dans l'infini...» chantait Daniel Lavoie. Si Chris Hadfield avait été francophone, c'est cette chanson qu'il aurait pu apporter avec lui dans le domaine des dieux. Cet Olympe qu'est l'espace a le pouvoir de vous révéler tels que vous êtes, c'est-à-dire des créateurs, qui quitteront un jour l'oeuf primitif pour implanter la vie intelligente ailleurs. Quand l'horizon des êtres humains s'ouvrira enfin, la vie prendra tout son sens. Mission en vue: humaniser l'univers... N'a-t-on jamais dit que grâce à l'humain l'univers prend conscience de lui-même? Quand on prendra conscience que tout ce potentiel dans vos gènes n'a pour but que d'ensemencer l'univers, peut-être cesserez-vous de gaspiller vos énergies à tourner en rond et à vous agresser les uns les autres par manque de vision. On ne doit que s'incliner devant cette poussée intérieure irrationnelle et indomptable qui vous amène à aller plus loin, plus haut et, je l'espère, plus en profondeur. Au lieu du «tous contre tous» qui atteint des sommets sans précédent en ce moment, rêvons du jour où on entendra ce cri de ralliement: «tous ensemble vers l'espace!»... En attendant, profitons des images et de la musique de Chris Hadfield...

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R
Des images époustouflantes sur une musique de David Bowie qui date de sa belle époque. Une stratégie de communication préparée de longue date et soutenue par une équipe de six employés dont trois à plein temps. Tout a été scénarisé d'avance et ça sent la firme de communication à plein nez. Je ne dis pas ça négativement puisque j'ai apprécié cette vidéo, la chanson de Bowie et la voix de Hatfield. <br /> <br /> Je n'avais pas vu cette vidéo car je m'intéresse de moins en moins à la conquête de l'espace. J'ai suivi cette odyssée spatiale de très près dans les années '60 mais là je commence à me demander si c'est vraiment indispensable qu'on alloue autant de milliards de dollars à un programme qui n'améliore pas vraiment la vie des humains quand un tiers des habitants de la planète sur laquelle on vit meurt de faim.<br /> <br /> Je ne réussis pas à me positionner clairement mais disons que je suis un peu scandalisé, autant que lorsque je constate les richesses de l'Église et l'apparat dans lequel se vautrent les curés pendant qu'on crève ailleurs et même près de nous.<br /> <br /> Si j'étais président des États-Unis ou de la Russie, je mettrais fin à ce programme spatial immédiatement, malgré toutes les découvertes scientifiques qui en émanent. Question humanitaire avant tout. Occupons-nous de nos frères et soeurs qui n'ont pas eu de chance et qui souffrent avant de penser à explorer des territoires inhabitables. Pour le moment, c'est mon point de vue le plus évident. Les humains avant tout.
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L
Comme dirait Spock, il y a toujours des possibilités...
R
Ouais, ben Louis, tu m'as déprimé ben raide. Je suis au tapis. Mon ancien cerveau me fait ramper au sol depuis que j'ai lu ton texte. Je ne pensais pas qu'on était si mal pris. Ma mère aurait dû rencontrer le Dr. Morgentaler, tiens!
L
Oui, peut-être qu'avant d'aller peupler la galaxie, il faudrait trouver une façon de mieux vivre ensemble. Une évolution morale avant de prendre le large, j'achète! Mais quel défi! Toute la question est de savoir comment discipliner la curieuse quincaillerie que sont nos gènes, et cette non moins curieuse organisation qu'est notre néocortex monté sur un noyau reptilien et un cerveau limbique siège des émotions? Comment faire fonctionner harmonieusement ce trio improbable, fruit d'une évolution débridée. Les religions ont échoué dans leur tentative de dompter la bête humaine. La science et la technologie qui nous promettaient des lendemains ensoleillés n'ont pas fait mieux. La démocratie assise sur l'idéologie libérale était censée faire de nous des gens civilisés. En désespoir de cause il nous reste la philosophie et ses codes d'éthique, fameux sur papier, mais qui ne sont jamais appliqués dans la réalité. Il nous reste peut-être en dernier essor la vision de Skinner qui insiste sur le conditionnement humain. Avec la science du comportement, au lieu de nous faire apprendre des bêtises comme se soûler la gueule à chaque fois qu'on participe à un party, il serait possible de créer un environnement propice à apprendre de bonnes valeurs et de bonnes habitudes de vie. Comment créer cet environnement propice? Allez les jeunes! À vos tables à dessin, il faut «reformater» notre humanité reptilienne...
R
Louis, je me définis comme un pragmatique, non pas comme un terre à terre. Ce ne sont pas des considérations matérielles qui me préoccupent mais plutôt notre façon d'aborder les problèmes liés à notre survie. Inutile d'énumérer ce qui fait qu'on est globalement irrécupérables. Je dis seulement gaspillage et saccage des ressources, surconsommation, tête dans le sable, et tu comprends déjà de quoi je parle. <br /> <br /> Mon propos est le suivant. À quoi bon chercher un refuge ailleurs si on ne change pas notre comportement vis-à-vis de l'ensemble de la société, si on ne se soucie pas de ceux qui vont nous succéder. Aller s'installer ailleurs et recommencer notre saccage! Ça ne réglerait rien. En moins d'une centaine d'années, la planète d'adoption serait complètement ravagée à son tour. Il nous faut d'abord apprendre à vivre ensemble et à nous responsabiliser par rapport à nos voisins, par rapport à nos actes, par rapport à la planète entière. Et là, je ne me permets surtout pas de donner des leçons. Je suis le premier à devoir apprendre à tolérer mes voisins que j'aimerais enterrer parfois. L'enfer, c'est les autres, dit-on. C'est pas mal trop souvent mon opinion. J'ai donc besoin de changer mon attitude, moi aussi.<br /> <br /> Comme tu dis, il est permis de rêver aux rêves les plus fous. Mais entre-temps, on ne pourrait pas essayer de régler nos problèmes immédiats, les pieds bien au sol? Il me semble que ça aiderait pour l'avenir, ici ou ailleurs. C'est là l'essence même de mon propos. Il sera toujours temps d'aller se promener la tête dans les étoiles.
L
Je reconnais en toi le terrien terre-à-terre, Roger. Je respecte ton point de vue et je ne le combattrai pas, tout simplement parce que nous nous situons dans le domaine de la croyance et en pleine conjecture. C'est quand même intéressant d'essayer de lever un petit bout du voile de l'avenir... Tu as peut-être raison sur tout, mais je serais bien étonné que notre vieille Terre soit le seul ballon de plage habitable dans la galaxie. Je n'entreprendrai pas une guerre de chiffres, mais il faut reconnaître que lorsqu'on joue avec des nombres astronomiques, c'est-à-dire avec des milliards de milliards de possibilités, les rêves les plus fous deviennent plausibles...
R
Pénurie d'espace habitable, pas sûr. Mais de ressources, parfaitement d'accord. On dit que la population du Globe va se stabiliser à 9 milliards d'individus. Comment nourrir tous ces gens? Voilà le plus grand défi de l'Humanité. Je souhaite presque un gouvernement mondial qui serait responsable uniquement des questions environnementales et alimentaires. Il pourrait détenir le pouvoir de décréter tout ce qui sert les intérêts de l'Humanité dans son ensemble. Par exemple, combattre la déforestation, empêchant ainsi la création de nouvelles zones désertiques. À mon avis, c'est de là que pourrait venir notre survie, je crois. Je ne suis pas très science-fiction et je ne crois vraiment pas qu'on va découvrir une planète habitable un jour. La vie est apparue sur terre de façon si aléatoire qu'il me semble presque impensable qu'elle ait pu se produire deux fois à des endroits différents. Il y a une seule chance sur des milliards de possibilités qu'on trouve le même air respirable que sur terre. <br /> <br /> Tant qu'à parler du futur comme on parle à travers son chapeau, j'ajouterais que l'être humain a pas mal plus de chances de poursuivre son évolution et de subir des mutations que de trouver une planète-hôte. Notre environnement se modifiant complètement, notre façon de respirer pourrait en venir à s'adapter à un environnement hostile. Il ne faut pas oublier que nous sommes sortis de l'océan pour respirer l'air terrestre. Peut-être un jour pourrons-nous vivre dans une atmosphère soufrée ou acide comme on a vu avec surprise certaines espèces le faire au fond des océans.<br /> <br /> Non, vraiment, c'est assez les amusettes dans l'espace. Restons les deux pieds bien ancrés au sol, c'est potentiellement plus salvateur que de chercher dans l'infini une petite boule qui n'existe peut-être pas du tout et qu'on n'a pas les moyens d'atteindre présentement.
L
Tout ce que tu dis est sensé, Roger. Il est vrai que les zones abyssales des océans nous sont encore étrangères, et le défi de les explorer demeure entier, mais ton discours ne tient pas vraiment compte de la surpopulation qui risque de nous amener vers une pénurie d'espace et de ressources. Pourtant, c'est le problème numéro un de la planète. Je ne crois pas aux politiques de contrôle des naissances, parce que cela suppose une montée de l'autoritarisme des gouvernements. Aussi, la perspective d'habiter sous l'eau dans les océans ou encore dans le sous-sol terrestre ne m'apparaît guère attrayante... Je crois davantage à la possibilité d'ouvrir l'espace et de produire des engins qui nous y donneront accès à moindre coût. Il sera possible bientôt de construire des vaisseaux avec une gravité artificielle et tout un écosystème qui permettront de longs voyages à la recherche de nouvelles planètes habitables. Pour l'instant, c'est de la science-fiction, mais il y a pas si longtemps on n'imaginait pas avoir la possibilité de stocker des milliers de chansons dans le creux de sa main...
R
Louis, tu sais bien que je ne veux pas faire un Harper de moi-même. Plutôt la mort! Pas question d'abandonner la recherche. Au contraire, il faut l'intensifier, mais pas nécessairement dans l'espace où les coûts sont faramineux. Je partage pas mal tes points de vue. En particulier, qu'il est vrai que l'équation ne serait pas automatique : sommes économisées dans la recherche spatiale = crise alimentaire mondiale réglée ou amoindrie. C'est plus compliqué que ça, je suis d'accord avec toi.<br /> <br /> Pourtant, il y a un mais. Il faut se rappeler que les premiers pas dans la recherche spatiale ont été faits dans le but d'étudier la Terre, de la mieux connaître. Si je me rappelle bien, c'était le but premier. Ensuite, on a voulu en savoir un peu plus sur le satellite de la Terre : la Lune. On y a posé le pied seulement parce qu'elle ne nous a pas semblé nous apporter grand-chose. Mais depuis toujours, un des principaux buts était d'en savoir plus sur les origines de la vie. Ça fait encore partie des recherches actuelles. Maintenant que ces objectifs ont été atteints partiellement, bien sûr ils ne le seront jamais complètement, mon impression, c'est qu'on s'amuse dans l'espace. La vidéo de Hatfield et sa mise en scène léchée m'en donnent une preuve. C'est du lobbying d'opinion à l'échelle internationale. <br /> <br /> De grandes découvertes et plusieurs inventions découlent de l'exploration spatiale, j'en suis conscient, mais il me semble qu'on a atteint les limites de la technologie pour le moment. Je fais surtout allusion à notre capacité d'atteindre des planètes plus éloignées avec les véhicules spatiaux actuels. Ils ne sont tout simplement pas adaptés à notre dimension humaine car il faudrait qu'un explorateur y consacre toute sa vie pour s'ajuster à la durée de ces voyages spatiaux d'un autre temps. Quand on aura réussi une téléportation complète, on pourra en reparler.<br /> <br /> Aujourd'hui, on en connaît un peu plus sur l'espace, pas beaucoup encore, mais je crois qu'il est temps de se recentrer sur l'humain et son environnement immédiat. Car il est faux de prétendre qu'on a pas mal tout exploré sur Terre. Les océans couvrent 71% de la surface de la Terre et on ne sait presque rien de ses abîmes et abysses. Si on parle de biodiversité, on estime que seulement 20% des espèces existantes sur Terre aurait été répertorié, le reste nous est inconnu. La plus grande partie de ces espèces vit sous terre. Est-ce des océans ou du sous-sol que viendra la soupape de sécurité dont tu parlais? Personne ne le sait. Il faut continuer l'exploration à tout prix et chercher à en apprendre davantage sur nous et notre environnement. Il sera toujours temps d'aller voir plus loin, là où on épuise des ressources importantes qui pourraient servir avec plus d'efficacité pour des besoins immédiats et humains.
L
Je comprends tes réserves, Roger. Je suis d'accord qu'on doive privilégier la qualité de vie des humains avant tout, mais il faut s'attaquer aux vraies causes de la souffrance. Comment redistribuer équitablement la richesse sur la planète afin que chaque pays et chaque personne y trouve son compte? Comme tu le sais, les solutions existent. La taxe Tobin par exemple sur les transactions monétaires internationales, l'abolition des paradis fiscaux, la taxation des banques et des entreprises, le plafonnement des revenus des plus riches (10 millions $ par année pour un individu, c'est bien assez), le contrôle des conglomérats financiers, la préséance du politique sur l'économique, etc. Bref, c’est une lutte des classes sociales qui s’amorce actuellement et qu’il faut mener. Tant que ce problème de redistribution ne sera pas réglé, il est puéril de penser que les milliards $ dégagés suite à l’abandon de la recherche spatiale iraient automatiquement dans les poches et les estomacs des plus démunis. À mon sens, la recherche fondamentale quelle qu’elle soit est une activité essentielle à l’avancement de la société. La chouette a peut-être mis le doigt sur le bobo, à savoir que la surpopulation nous amène à lutter les uns contre les autres dans ce lieu clos qu’est notre petite planète, tandis que l’espace à long terme pourrait être notre soupape de sécurité. Il n’y a aucune borne aux désirs humains. C’est inscrit dans nos gènes. Nous avons pas mal tout exploré sur la terre, notre regard comme civilisation se tourne maintenant vers cet espace infini qui nous effraie et qui nous fascine tout à la fois. Au lieu de tergiverser en se demandant pourquoi on est venu au monde, on pourrait se donner l’ambitieux projet d’ensemencer l’univers. Dans cet esprit, le rêve insensé du petit magot pour soi deviendrait obsolète. Un peu de vision ne fera pas de mal à cette humanité qui se cherche…
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