Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Chouette philosophie!

La chouette de Minerve (déesse romaine de la sagesse et de la science) symbolise la philosophie. Ce n’est qu’à la tombée de la nuit que la mythique bestiole prend son envol. Avec ses grands yeux allumés, elle nous incite à croire que la nuit est davantage propice à la réflexion et nous permet même de voir plus loin. Pour s’en convaincre, il faut savoir que la portée de l’œil durant le jour est d’à peine quelques kilomètres, alors que pendant la nuit nous percevons des étoiles et des galaxies situées à des millions d’années-lumière… Cher visiteur, ce blog se présente donc comme une chouette invitation à tenter de voir plus loin, plus clair et plus en profondeur. Bonne réflexion !

Le refus de l'indépendance par les jeunes du Québec, est-ce une sorte de suicide collectif?

Publié le 25 Janvier 2017 par La chouette

Mathieu Bock-Côté cherche les raisons pour lesquelles les jeunes rejettent à 77% le projet d'indépendance. Il faudrait peut-être aller voir du côté des profs. Sous René Lévesque, ils ont vécu une coupure de 20% de leur salaire. Ce fut une très mauvaise décision. C'était la meilleure façon de s'y prendre pour ne pas faire l'indépendance...

Publicité
Publicité
Commenter cet article
N
Il n’y a pas photo! La souveraineté du Québec est bel et bien en déclin chez les jeunes. Cela peut s’expliquer de façon pure et simple: les jeunes baignent dans la technologie et ont ainsi accès à du contenu de provenance varié. En effet, les jeunes écoutent des séries en anglais sur Netflix, de la musique sur Spotify et s’informent sur les réseaux sociaux. Le sort pourrait-il être différent s'ils écoutaient, des séries québécoises, de la musique de Giles Vigneault et s’ils lisaient Le Journal de Québec? Sur les plaques de véhicules est inscrit « Je me souviens », mais se souviennent-ils réellement de la rébellion des Patriotes, de la crise d’Octobre et de la nuit des Longs Couteaux? Il est possible que si les jeunes ne connaissent pas bien leur propre culture, ils ne soient pas emballés lorsqu’on leur évoque la question nationale. Alors si Montaigne affirmait que « Le pire état de l'homme, c'est quand il perd la connaissance et le gouvernement de soi », il est facile d’établir qu’il dirait la même chose pour un peuple. Il conviendrait donc que nos actions seront dirigées de l’extérieur (par Ottawa) tant que nous ne nous connaissons pas nous mêmes.
Répondre
L
Tout d’abord, je tiens à préciser que je suis contre l’indépendance du Québec et je vais tenter d’argumenter afin de vous démontrer que ce n’est pas « un suicide collectif » ou bien une preuve « d’individualisme ». Une des lectures qui m’a aidé à fonder ce jugement est celle des idées de Michel de Montaigne. Ce philosophe propose que l’on devrait se méfier des extrémistes, et c’est un peu de cette façon que je vois les souverainistes. Je vous explique. En tant que Québécois, il est bien normal d’aimer notre région et de vouloir embrasser notre culture, mais au point d’en faire un pays, je trouve cela un peu exagéré. Les autres provinces du Canada ne souhaitent pas être plus que ce qu’elles sont, et je trouve qu’on dirait que le Québec se considère supérieur, car le Québec veut plus. Ça serait une mesure extrême, c’est le mot.<br /> De plus, ce n’est pas une langue ou une culture qui devrait faire en sorte qu’on se dissocie des autres provinces. C’est comme si le Québec était fermé à l’évolution. C’est vrai que l’anglais est une langue universelle, seulement on est si axé sur le français ici qu’on oublie de bien inculquer une langue plus utile aux générations futures. Je ne pense pas qu’on devrait se sentir si spécial à cause d’une culture. Pourquoi faudrait-il ressentir un nationalisme plus grand que les autres provinces? On n’en demande pas tant aux jeunes Ontariens à ce que je sache.<br /> Finalement, Montaigne essaie de se défendre contre les préjugés insufflés par l’époque dans laquelle on vit ou notre milieu et qui envahissent notre esprit. Dans le cas de monsieur Mathieu Bock-Coté, je crois que c’est ce qui est arrivé. Ce dernier est dans la peau d’un souverainiste, ainsi il accuse la génération au complet de ne pas voir les vrais problèmes. Selon lui, l’égalité des sexes est moins importante que le français, il en est de même pour l’environnement. Selon moi, notre génération est plus allumée que la leur, elle voit les vrais dangers (qui ne sont clairement pas le français), elle ne sent pas le besoin d’être différente et supérieure du reste du Canada et elle s’affirme (d’où l’accusation d’individualisme extrême).
Répondre
L
Attention! J'interviens une seconde fois, non pas en raison du débat entre les souverainistes ou les fédéralistes. Il s'agit d'une question méthodologique et de rigueur. Peu importe le point de vue, cette phrase prise dans ton commentaire est très claire: «Ce philosophe propose que l’on devrait se méfier des extrémistes, et c’est un peu de cette façon que je vois les souverainistes.» Que ce soit un peu ou beaucoup ta façon de voir les souverainistes, le lien est très nettement établi. Donc il est fort déplacé de m'inviter à saisir les nuances.
L
Des extrêmistes***** Pardonnez mon erreur.
L
Premièrement, je n'ai point affirmé qu'ils étaient des souverainistes, veuillez saisir les nuances s'il vous plaît. J'ai tout simplement dit que c'est à quoi il me faisait penser. De faire du Québec un pays, alors que toutes les autres provinces qui ne valent pas moins n'en sont pas un, est une mesure extrême. Voilà le lien. Dans une comparaison, ça prend un lien, et bien le voici. Les deux ne sont pas semblables, ils sont reliés par quelque chose. Le désir d'un peuple d'accéder à son indépendance était légitime lorsque ce peuple était dirigé par un pays extérieur, de sorte que ce peuple était en quelque sorte l'esclave de ce pays. Cependant, est-ce notre cas? Non!
L
Ouf! Lorsqu'on aborde une question aussi importante que l'avenir d'un peuple, il est nécessaire d'être très rigoureux. Affirmer que les souverainistes, c'est-à-dire les gens qui veulent faire du Québec un pays sont des extrémistes, c'est vraiment une grosse affirmation... Le désir d'un peuple d'accéder à son indépendance est tout à fait légitime. Cela s'est produit régulièrement dans l'histoire récente...
A
Ayant lu l'article de Mathieu Brock-Côté, je trouve qu'il peint un portrait quelque peu illusoire de la mentalité des jeunes québécois. en étant un moi-même, je peux donc dire que ce n'est pas parce que nous éprouvons un réel mépris envers notre nation ou que nous préférons discuter des problèmes artificiels comme les toilettes unisexes. la réalité est, selon moi, la suivante: Nous n'avons pas besoin d'un référendum pour se penser comme une nation. Ce n'est parce que nous agissons sous la bannière du Canada que nous sommes forcément anglais, que nous aimons la Reine et que nous abandonnons le français. Nous pouvons voir les choses d'un œil quelque peu plus objectif car nous ne voyons cela pas de la même façon. Nous voyons tout ce que cette indépendance nous couterais et tout ce qu'elle engendrerait comme conséquences. Nous savons que le Québec est la province la plus endettée au canada et que nous ne sommes vraiment pas en position de déclarer notre nation comme officielle. La poste, l'armée, l'impôt et bien plus devront être mis en place et cela nous couterait très cher. De plus, il faut aussi se dire que il y a aujourd'hui beaucoup plus d'immigrants que dans le temps de nos parents et de nos grand-parents et que ces nouveaux arrivants n'ont pas cette appartenance ou même «trouble d'identité» que les québécois de souche semblent éprouver. Pour finir, j'aimerais aussi dire que ce n'est pas parce que nous ne nous disons pas souverainistes que nous ne voyons pas notre beau Québec comme une vrai nation digne du respect des autres,,,
Répondre
L
Quel philosophe t'a inspiré cette réponse?
R
Hum… La Chouette parle de la coupure de salaire de 20% que Lévesque a imposée aux professeurs et aux employés de la fonction publique comme explication possible au fait que les jeunes rejettent l’option indépendantiste. Je ne saisis pas trop, ou alors j’interprète mal son propos. Cette coupure de salaire qu’on peut qualifier d’indécente a été faite en 1982, deux ans après le premier référendum pour l’indépendance du Québec. <br /> <br /> En quoi cette coupure de salaire aurait-elle pu affecter les jeunes d’aujourd’hui? Serait-ce que les professeurs ont quitté le navire indépendantiste à tout jamais et professent maintenant le néolibéralisme à leurs ouailles? J’en serais très surpris. Sur le coup, en 1982, tous les employés de la fonction publique ont pris ça dur, mais je crois qu’ils ont fini par oublier. Le référendum presque gagnant de 1995 en est une bonne preuve, il me semble.<br /> <br /> Mais j’aimerais plutôt revenir à l’article de Bock-Côté qui cherche la raison profonde du désengagement des jeunes pour le projet indépendantiste. Si le sondage dit vrai, car il faut toujours garder un doute n’est-ce pas, 77% des jeunes ne seraient pas intéressés par l’indépendance du Québec. Comment l’expliquer?<br /> <br /> Encore une fois, si c’est le cas, je dirais que la mondialisation est en grande partie responsable. Les jeunes me semblent avoir une propension marquée à se dire citoyens du monde, et il est fort possible que ça les désengage des enjeux locaux. Pour ma part, je verrais plutôt une perte de sentiment d’appartenance comme raison principale de leur désaffection, si tant est qu’elle existe. Il me répugne de l’écrire, mais ce serait probablement l’abandon du religieux qui en serait la cause. La religion avait ce don de faire sentir aux fidèles qu’ils appartenaient à une confrérie, celle des croyants.<br /> <br /> En abandonnant la pratique religieuse, les jeunes d’aujourd’hui, ainsi que leurs parents, n’ont pas su retrouver ailleurs ce sentiment qui rendait fier d’appartenir à une communauté, religieuse ou autre. Bien sûr, la technologie peut aussi être en cause. Hier, on ne savait rien de ce qui se passait ailleurs, mais aujourd’hui on sait tout à la minute près où un événement survient. Cette façon d’être branché sur le monde devient presque le nouveau sentiment d’appartenance.<br /> <br /> Et puis, les jeunes voyagent plus, ils sont plus ouverts sur le monde, mais ils connaissent bien souvent moins bien leur histoire que celles des pays qu’ils ont visités. Ils s’identifient donc toujours à quelque chose, mais au reste de la planète. Sur ce point, je ne suis pas trop d’accord avec Bock-Côté qui pense que les défaites d’hier ont un effet répulsif pour les jeunes. Je dirais plutôt que ce qu’ils ne savent pas ne peut pas les influencer négativement. Car je ne suis pas sûr qu’on leur a enseigné leur vraie histoire.<br /> <br /> Et si on n’avait pas assez bien expliqué le projet d’indépendance aux jeunes. Et si on leur disait que le français a autant, sinon plus d’avenir que l’anglais. Et si on arrêtait de penser qu’ils sont suicidaires parce qu’ils pensent autrement. Ils sont différents des jeunes de l’ère Lévesque, mais ils évoluent avec le monde d’aujourd’hui et non celui d’hier, voilà tout. <br /> <br /> Personnellement, même si j’aimerais les avoir à mes côtés pour le projet d’indépendance, je n’ai rien d’autre à leur dire que de lire leur histoire, la vraie, celle qui dit à quel point on a essayé de nous assimiler. Celle qui dit que notre langue est belle, que le Québec regorge de talents comme nulle part ailleurs et que nous devons nous battre pour ne pas perdre tout ce que nos ancêtres et nous avons essayé de préserver malgré les attaques répétées pour nous amoindrir.
Répondre
L
Tes impressions valent bien les miennes, Roger. J'espère très sincèrement que tu aies raison, car le projet d'indépendance du Québec c'est une belle aventure. J'invite les sociologues à se pencher sur la question...
R
En réponse à La Chouette, je répéterai que la coupure de salaire était odieuse parce qu'elle reniait la signature du gouvernement, et surtout parce que ce ne sont pas tous les employés du gouvernement qui ont été touchés par la mesure. Le para-public, comme les employés d'Hydro-Québec, a été exempté de la mesure.<br /> <br /> D'un autre côté, avec le recul, on peut penser qu'elle était peut-être nécessaire, cette coupure. Il faut se rappeler que l'économie n'allait pas bien et que les taux d'intérêt avaient augmenté jusqu'à 23%. Du jamais vu et une véritable aberration qui se répercutait directement sur les finances du Québec. Des milliers de propriétaires ont ainsi perdu leur maison. <br /> <br /> On était donc en période économique fort mouvementée. Moi qui travaillais pour Hydro-Québec, j'ai eu une peur bleue d'être touché. Je comprends facilement que toute la fonction publique a dû se sentir trahie, comme le dit La Chouette. Mais est-ce que cette rancoeur s'est répercutée sur plusieurs années, sur plus de 30 ans, je n'en ai pas l'impression. <br /> <br /> Les indépendantistes de coeur ne pouvaient pas faire passer leur manque à gagner avant leur rêve d'autonomie politique. Chez les quelques personnes que je connais et qui ont été coupées de salaire, c'est ce qui s'est passé. Elles ont fini par oublier et possiblement accepter que la conjoncture obligeait le gouvernement à faire ce choix cornélien.<br /> <br /> Qui a raison? Je ne sais pas. Sur cette question, on ne peut que donner son impression. Car il est impossible de vérifier qui est resté en faveur de l'indépendance malgré tout et qui en a fait son deuil. On est dans la spéculation. Malgré tout, je ne crois toujours pas que le référendum de 1995 a été affecté par le coup de force du gouvernement Lévesque.
L
Sur la question de la désaffection des profs, je tiens à préciser qu'il s'agit d'une simple hypothèse à explorer. Je réalise en fait qu'on ne parle jamais de cet aspect de la question lorsqu'on essaie de comprendre le recul du projet indépendantiste. Ce n'est évidemment pas la seule raison, mais je crois qu'il faut en tenir compte. Je crois même que cela a eu un effet non négligeable sur le résultat du référendum de 1995. Comprenons qu'une diminution de salaire de 20%, c'est peu courant dans notre société. Ce n'est pas une banale coupure... Essayez ça avec les médecins et vous allez voir leur réaction... Un bon nombre de profs ont dû vivre ça comme une gifle de la part d'un gouvernement qu'ils appuyaient massivement et sans réserve. Imaginons le tableau... Des dizaines de milliers de profs convaincus par le projet indépendantiste communiquaient quotidiennement aux élèves de tous les niveaux leur passion pour ce beau projet. Tout d'un coup vlan! Tu gagnais $50 000, et du jour au lendemain tu en gagnes $40 000. Wow! Je connais des profs qui ont juré ne plus jamais appuyer le PQ... Je ne suis cependant pas en mesure d'évaluer dans quelle proportion ceux-ci se sont détournés du PQ et du projet indépendantiste, mais c'est clair qu'il y a eu un impact. Et nous savons très bien, en passant, que l'échec du dernier référendum est dû à la faiblesse du vote francophone, à Québec entre autres... Parizeau s'est trompé là-dessus, ce ne sont pas vraiment les immigrants qui sont responsables... Comment faire confiance à un parti qui vous propose de construire un pays en commençant par couper de 1/5e le salaire de ceux qui portent le projet et qui ont pour fonction de former la jeunesse? C'est un manque total de flair politique. Et il me semble que c'est la meilleure façon de saborder le projet... N'oublions pas que nous avons affaire à des humains, des gens qui ont certes de l'idéal, mais aussi des gens qui doivent payer leur loyer... Bref, en conjecturant un impact minime de 1% sur le résultat du référendum de 1995, il est possible que cela ait contribué à nous interdire notre pays... Bref, je ne sais pas où en sont rendus les profs aujourd'hui sur cette question, mais je n'ai pas l'impression qu'ils travaillent très fort à former nos jeunes à cette éventualité. Je me trompe peut-être... Je ne fais qu'exprimer ici mon humble avis... Le Parti Québécois a été un très mauvais stratège...
Publicité