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Chouette philosophie!

La chouette de Minerve (déesse romaine de la sagesse et de la science) symbolise la philosophie. Ce n’est qu’à la tombée de la nuit que la mythique bestiole prend son envol. Avec ses grands yeux allumés, elle nous incite à croire que la nuit est davantage propice à la réflexion et nous permet même de voir plus loin. Pour s’en convaincre, il faut savoir que la portée de l’œil durant le jour est d’à peine quelques kilomètres, alors que pendant la nuit nous percevons des étoiles et des galaxies situées à des millions d’années-lumière… Cher visiteur, ce blog se présente donc comme une chouette invitation à tenter de voir plus loin, plus clair et plus en profondeur. Bonne réflexion !

La science économique peut-elle faire l'économie d'une réflexion éthique?

Publié le 23 Janvier 2018 par La chouette

Regardez et écoutez, bien entendu, cette vidéo d'Omar Aktouf, professeur d'économie à l'École des HEC de Montréal. Qu'en dites-vous? Devons-nous défendre un système qui a tendance à broyer des gens?

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R
Former des individus conditionnés à alimenter cette usine massive de production d'argent qu'est la société et piétiner les classes dites « inférieures » dans le but de multiplier les revenus, voilà ce que semble être devenue la société moderne. Il serait alors légitime de se demander: devons-nous vraiment défendre aveuglément ce système qui a tendance à broyer des gens? Qu'en penserait Marx, lui qui prônait la propriété collective des moyens de production et l'égalité sociale?<br /> <br /> Aux yeux de Marx, le mode de production capitaliste, qui caractérise la société moderne, est formé de deux classes en opposition: les prolétaires, qui sont soumis à une forme d'esclavagisme en travaillant dans d'exécrables conditions et en ne recevant qu'une mince portion de l'argent qu'ils génèrent, ainsi que les bourgeois, qui tirent profit du travail des prolétaires, qui s'apauvrissent en les enrichissant. Les bourgeois, en raison de leur puissance économique, s'emparent du pouvoir politique, leur permettant de dominer la classe prolétarienne. Finalement, pour légitimiser leurs actions, ils se servent de la religion, qui empêche les prolétaires de faire valoir leurs droits.<br /> <br /> Suite au visionnement de cette capsule, je ne peux qu'affirmer que la société actuelle n'est qu'aux antipodes du monde utopique de Karl Marx. Les injustices économiques ne nous importent plus que peu. Les écoles ne nous éduquent plus, mais ils ne font que nous transformer en individus qui vont maintenir cette mécanique de génération d'argent de par nos impôts et notre travail. Les multinationales profitent du faible niveau d'éducation de leurs ouvriers. Ainsi, je ne peux penser que nous devrions défendre un tel système, où toute dimension éthique est évacuée. Peut-être devrions-nous reconsidérer notre vision de l'économie en apprenant du système de Marx, qui semble faire preuve de valeurs humaines et sociales plutôt que de ne chercher que l'enrichissement.
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L
Bravo! Prise de conscience essentielle...
L
Je suis curieux de nature. Enfant, je passais des heures à contempler les images des livres, à écouter, hypnotisé, tous les documentaires sur lesquels je mettais la main, ou encore, plus simplement, à boire les paroles de mon père, qui nourrissait le soir venu ma curiosité insatiable. Je suis aussi très compétitif. Que ce soit par rapport à moi-même ou aux autres, je tolère difficilement l’échec, le moindre effort. Il semblait donc logique que l’école me plaise, puisqu’elle érige la compétition comme moteur de l’apprentissage. Et pourtant, les années qui passent endorment une à une l’intérêt que devrait susciter l’idée de consacrer son temps à apprendre. Tout cela car l’éducation, encore bien compétitive, ne valorise plus la curiosité, rendue désuète et inutile.<br /> <br /> Voyez-vous, nous avons, en tant que société, la chance d’accéder facilement à l’éducation, ce droit qui, trop souvent, passe pour un privilège. Or, celle-ci est couteuse, et le gouvernement en assume la plupart des frais. Il est donc normal qu’il s’attende à des résultats. Réfléchissez. Qui voudrait investir des sommes aussi colossales sans espérer voir de bénéfices, un rendement au bout du compte? Il faut des diplômes, des techniciens, des employables qui nourriront de leur impôts le système même qui leur a donné leur emploi. Mais voilà le problème. <br /> <br /> Nous avons, en mettant l’éducation au service de l’économie, perverti la mission humaniste qu’est l’entretient de l’érudition et du savoir pour y substituer la création d’une monnaie capitaliste : une main-d’œuvre spécialisée, apte à s’insérer sur le marché du travail, mais incapable de réfléchir, de concevoir, de penser pour le bien de penser. Ce faisant, nous avons étouffé la curiosité, le goût d’apprendre pour y préférer le résultat, le quantifiable. Les élèves n’ont alors d’autre choix que de passer, un a un, des examens, examens qui à la fin, leur donneront une cote R, les classeront, leur permettront trouver dans quelle branche de spécialisation ils pourront espérer faire le plus d’argent, sustenter le plus efficacement le système. À la fin, les « meilleurs » seront médecins ou avocats, tandis que les « moins bons » finiront employés et s’abaisseront à répéter, à longueur de journée, une même tâche stupide et monotone. Ils deviendront l’ouvrier que Karl Marx redoutait, celui qui « ne s’affirme pas, mais se nie, […] mortifie son corps et ruine son n’esprit ». Tout cela sous le prétexte d’une éducation optimisée, une éducation qui ne sert plus l’homme mais le marché.<br /> <br /> Or voilà exactement ce que Marx, qui revendiquait un idéal égalitaire ou chacun s’épanouirait dans son travail, craignait.<br /> <br /> Avec l’avènement de l’école technocrate, de la science économique, nous avons négligé d’apporter une dimension humaine à la pensée éducative. Elle est dès lors devenue le reflet fidèle d’une société compétitive, capitaliste, une société où l’on se garde bien d’incorporer une réflexion éthique puisque trop encombrante à la croissance, cette sacro-sainte religion. Ce faisant, nous payons le prix de notre aveuglement volontaire. La pauvreté s’étaye, fleurit, alors que paradoxalement, la richesse croit, fictive, spéculative. La population se leurre dès lors dans l’illusion perpétuelle d’un avenir meilleur, un avenir passant par un apprentissage technique qui se garde bien d’éduquer et se contente de former. Ainsi entre-t-elle dans le cercle vicieux de la consommation, de la propriété matérielle et devient esclave de sa dépendance. En ce sens, pourrions-nous affirmer, en restant fidèles à la vision de Marx, qu’il soit légitime de dispenser la pensée économique d’une réflexion éthique, une réflexion veillant à replacer l’économie au service de l’homme? Pas sans cette maladie humaine que l’on appelle la mauvaise foi.
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L
Critique pertinente de la vision marchande du monde de l'éducation. Bravo!
F
Aujourd’hui l’argent est la substance qui domine le monde. Rien ne se fait sans argent et pour en avoir il faut travailler et beaucoup. La société se divise en deux parties : celle qui détient le capital, les moyens de production et celle qui fournit le travail. Selon Karl Marx le problème est le suivant : Ceux qui détiennent le pouvoir, le capital (classe dominante) dominent l’économie et asservissent les travailleurs les laissant dans l’ignorance la plus complète. « Les idées dominantes sont celles de la classe dominante ». Le système éducatif aujourd’hui est au service de l’économie et fournit la main d’œuvre dont a besoin le capitalisme. Les individus ne sont plus éduqués pour penser par eux même mais façonnés pour être de plus en plus performant afin d’enrichir une classe déjà riche, ce dont parle Omar Aktouf dans sa vidéo. La population ouvrière obéit tout simplement aux attentes que l’on a d’eux et trouve tout à fait normal le mal-être dans lequel se trouve la société actuelle avec ses problèmes de chômage et de misère grandissante. Je terminerais avec cette citation de Karl Marx : « Les chômeurs forment l’armée de réserve du capitalisme ».
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