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Chouette philosophie!

La chouette de Minerve (déesse romaine de la sagesse et de la science) symbolise la philosophie. Ce n’est qu’à la tombée de la nuit que la mythique bestiole prend son envol. Avec ses grands yeux allumés, elle nous incite à croire que la nuit est davantage propice à la réflexion et nous permet même de voir plus loin. Pour s’en convaincre, il faut savoir que la portée de l’œil durant le jour est d’à peine quelques kilomètres, alors que pendant la nuit nous percevons des étoiles et des galaxies situées à des millions d’années-lumière… Cher visiteur, ce blog se présente donc comme une chouette invitation à tenter de voir plus loin, plus clair et plus en profondeur. Bonne réflexion !

Que penser de l'information spectacle?

Publié le 6 Octobre 2013 par La chouette

Que penser de l'information spectacle?

Une jeune journaliste dégoûtée de son métier qui s'oriente sur la quantité au détriment de la qualité de l'information, annonce sa sortie de façon pour le moins originale. Bravo! On ne le dit pas assez souvent que le journalisme se porte mal. La qualité de l'information en démocratie est la chose la plus importante. Il faut absolument ramener de la rigueur en ce domaine... Regardez cette vidéo cocasse et aussi n'hésitez pas à lire le texte de Marina Shifrin... «http://quebec.huffingtonpost.ca/marina-shifrin/le-journalisme-est-mort-pour-moi_b_4049162.html»

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La course des médias est en effet un aspect intéressant de toute cette (dés)information présente de nos jours. La diversité des médias ainsi que la (parfois trop) grande variété de ceux-ci font que le filtre d'autrefois qui permettait de conserver une nouvelle de qualité est devenu inefficace. Si deux journalistes peuvent traiter d'un seul et même fait de deux manières complètement aux opposés, imaginez les chroniques d'humeurs et d'opinions. En somme, si nous n'avons pas la nouvelle que nous désirons, c'est que nous avons celle que nous méritons.
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L
Pour aller dans le sens de Gérald Bronner et le développement d'une pensée critique à l'aide de la philosophie et de la méthode scientifique, tu apprécierais sûrement le livre de Normand Baillargeon; «Petit cours d'autodéfense intellectuelle». Je le conseille d'ailleurs à tous ceux qui liront ce commentaire. Ça donne vraiment un petit «boost» d'esprit critique. C'est vraiment une boîte à outils intellectuelle.
R
Louis, tout à fait d'accord avec toi pour dire que le pourcentage d'imbécillité est pareil dans toutes les couches de la société.<br /> <br /> Je prends note de ton livre sur la stupidité.<br /> <br /> Les intelligents sont en fait ceux qui mettent en pratique la méthode scientifique décrite dans l'essai de Bronner (mille excuses pour ce nom d'auteur que j'ai écorché à trois reprises puisque je l'écrivais de mémoire - il s'agit en fait de Gérald Bronner). C'est évident qu'il y a des personnes intelligentes dans la société. Si tu lis le livre de Bronner, Louis, tu verras comment il décrit les limites de notre cerveau, tout influencé qu'il est par ce qu'il appelle des biais d'information qui déforment la réalité. Les intelligents font aussi partie de sa théorie. C'est vraiment intéressant. Un seul bémol : les nombreuses fautes de français et de syntaxe. Incroyable venant d'un livre si étoffé qui nous en apprend autant.<br /> <br /> C'est bien que tu cites le bogue de l'an 2000 et le fait que tu étais si bien informé, Louis. Une grande partie de l'essai de Bronner parle de la surinformation qui déforme notre jugement. Par exemple, il parle d'un hypocondriaque qui se renseignerait sur sa santé sur Internet. Pour une petite rougeur au visage, à force de chercher, Internet va l'amener à envisager un cancer. C'est tellement vrai. Trop d'information peut affecter notre jugement. Surtout que ce trop plein d'information privilégie toujours la thèse la plus improbable car Google fonctionne de façon à faire ressortir avant tout l'objet de la recherche la plus demandée. Si quelqu'un veut en savoir plus sur le complot du 11 sept. 2001, il va inscrire le mot complot dans sa recherche. Automatiquement, Google va faire apparaître l'objet de recherche le plus fréquent quand nous écrirons seulement World trade center; c'est le complot qui va sortir dès les premières pages de recherche, multipliant ainsi le nombre de ceux qui auront été contaminés par Internet.<br /> <br /> L'école doit donc continuer d'apporter des connaissances mais aussi montrer à réfléchir à tous les jeunes. C'est là que la méthode scientifique devrait être mise en pratique par tous. L'esprit critique n'arrive pas tout seul, il faut apprendre à le pratiquer et c'est à l'école qu'on doit apprendre ça. Dans les cours de philosophie, par exemple...
L
Commentaire très intéressant, Roger. Ce que tu dis là est peut-être surprenant pour certains, mais pas pour moi. J'ai pu constater par moi-même qu'il y a en proportion probablement autant d'imbéciles dans les universités que dans la population en général. J'aimerais bien lire ton livre. Il semble confirmer les dires d'un autre livre que je te conseille. Il s'intitule: «Les lois fondamentales de la stupidité humaine». L'auteur: Carlo M. Cipolla, un économiste de renommée internationale. Il est d'avis que la stupidité est également répartie dans toutes les couches de la société. Ainsi, qu'on soit Premier ministre, plombier, prof d'université, femme de ménage, homme de maintenance, journaliste, PDG d'une grande compagnie, peu importe, les chances sont égales de faire partie de la catégorie des stupides. Et avec ces gens-là, il n'y a rien à faire, ils ont le don de prendre des décisions qui ne les avantagent pas personnellement et qui n'avantagent pas la société non plus. Donc le stupide serait un fauteur de trouble et il est fortement conseillé de l'éviter à tout prix... Maintenant, oublions les stupides s.v.p. et passons à une autre catégorie décrite par Cipolla: les intelligents. Avec ceux-là, je suis en désaccord avec la thèse de ton livre, Roger. Ils ont la tendance naturelle à prendre des décisions qui les avantagent personnellement, tout en avantageant aussi l'ensemble de la société. Ces personnes perspicaces vont tirer profit de l'information et d'une éducation de qualité. Je ne pense pas qu'elles seront crédules. Donc, si tu me suis bien, Roger, je trouve ton point de vue fort pertinent, mais il faut faire la distinction entre certaines catégories de gens. Il est vrai que l'éducation pour certains, ça ne donnera pas grand' chose, sauf peut-être leur apporter une bonne job. Par contre pour la deuxième catégorie, l'éducation et l'information feront une grande différence. Il faut donc continuer à inciter les gens à lire et à mieux s'informer... Personnellement, je ne sais pas si je fais partie de cette seconde catégorie car sur la question du «Bug de l'an 2000» j'étais convaincu que tous les ordinateurs tomberaient en panne. J'avais fait pas mal de lectures sur la question, et je me suis royalement fait avoir. Ce fut une magnifique leçon! Je me console en disant que personne n'est à l'abri du manque de discernement... Cette anecdote personnelle te donne partiellement raison, Roger. Ton texte nous fait réaliser que la culture peut nous piéger parfois. Le risque de se faire endoctriner est toujours présent, peu importe la source d'information. Aujourd'hui plus que jamais l'esprit critique demeure un outil essentiel...
R
Méritons-nous vraiment la nouvelle incomplète, fausse, vraie ou charriée que nous lisons? Oui et non, je dirais. On la mérite quand on l'accepte d'emblée, sans se poser de questions, en étant trop crédules. D'un autre côté, je dirais qu'on ne la mérite pas à cause de notre rationalité humaine qui nous empêche de nous ouvrir complètement à la connaissance.<br /> <br /> J'ai l'air bien savant là, ce qui ne me ressemble pas beaucoup, mais je ne fais qu'exposer une théorie que je viens de lire dans ce livre étonnant dont j'ai parlé plus tôt : La démocratie des crédules, du sociologue français Gérald Bonner. Si ce livre vous passe entre les mains, n'hésitez pas car il bouscule bien des idées reçues.<br /> <br /> Par exemple, sur ce blogue, la Chouette, Louis et moi répétons souvent que l'éducation est la clé pour sortir des petites croyances et de l'obscurantisme. En augmentant le niveau d'éducation, on augmente le niveau de connaissances, d'où un abaissement de notre crédulité atavique. Ce que la connaissance gagne, la crédulité le perd. Eh bien, selon Bonner, ce serait une idée fausse. Ça m'a presque jeté par terre.<br /> <br /> Il semblerait que plus on est éduqué et plus on est sujet à verser dans les croyances de toutes sortes. Le livre donne des exemples d'une certaine élite française qui croit à des phénomènes paranormaux ou même aux extraterrestres. Mitterrand et Giscard d'Estaing croyaient à l'astrologie et ce dernier portait même un objet fétiche sur lui, objet qui lui avait été donné par un marabout sénégalais. Brenner se réclame également d'études qui prouveraient que les adeptes de groupes sectaires sont socialement, intellectuellement et moralement équilibrés. Donc l'idée qui lierait les croyances sectaires et le faible niveau social et scolaire serait fausse. Toute une surprise!<br /> <br /> Il va même plus loin en affirmant que bien des terroristes sont très éduqués et qu'ils viennent souvent de familles aisées qui leur ont permis de faire des études universitaires. Ce serait le cas de plusieurs membres d'Al-Qaïda, comme ce Mohammed Atta, un des terroristes du 11 septembre 2001. Aussi, les plus instruits seraient ceux qui contestent le plus la science. Les plus instruits croiraient plus aux médecines alternatives comme l'homéopathie et les mettraient sur le même pied que la médecine traditionnelle. Bizarre, n'est-ce pas! L'auteur explique toutes ces contradictions par le fait que l'éducation ouvre des horizons plus larges, et que de ce fait, les plus instruits sont plus enclins à pousser leurs investigations de plus en plus loin. Pas fou!<br /> <br /> Bon, je pourrais en parler encore longtemps mais je crois qu'il vaudrait mieux lire ce livre surprenant qui remet bien des croyances en question. À la fin, l'auteur nous livre sa méthode pour sortir de ce monde crédule auquel notre irrationalité nous convie. Il propose d'utiliser la même que celle qui prévaut chez les scientifiques : d'abord étudier longtemps puis développer notre esprit critique et savoir remettre en question toute affirmation qui n'a pas trouvé sa confirmation. Peut-être alors deviendrons-nous de meilleurs lecteurs de nouvelles, moins enclins à tout croire, et que nous exigerons une éthique journalistique digne de ce nom. C'est là qu'on pourra vraiment affirmer qu'on a ce qu'on mérite.
R
Le journalisme d'enquête est mort, je crois bien. On est maintenant à l'ère du journalisme concurrentiel et le retour en arrière me semble impossible. Avant Internet, avant les réseaux sociaux, il y avait les médias traditionnels : journaux, magazines, livres et télévision. Aujourd'hui, la nouvelle émane de partout. Et ce n'est pas nécessairement une bonne nouvelle.<br /> <br /> Je suis en train de lire un livre dont le titre est : La démocratie des crédules. Sans blâmer qui que ce soit, encore moins les journalistes, l'auteur fait la démonstration de cette prolifération des sources de nouvelles et du stress qu'elle crée dans les médias traditionnels. La course au scoop est omniprésente et aucun média ne veut être sur la touche par rapport à son concurrent. Alors, qu'une nouvelle soit véridique ou pas, elle finit par sortir. Elle peut partir d'une rumeur véhiculée par Facebook ou Twitter et elle finit par aboutir dans les grands organes officiels. Et nous, les crédules, on fait le relais à notre tour.<br /> <br /> Bien souvent, ces rumeurs ne sont pas fondées mais, concurrence oblige, elles finissent par nous rejoindre. Il s'agit qu'un seul média la publie pour que tous l'imitent afin de ne pas être en reste. C'est là qu'on est rendu, malheureusement. D'où l'obligation pour nous tous de toujours garder un doute, quelle que soit la nouvelle qu'on lit.<br /> <br /> Un exemple de fausse nouvelle sortie trop vite, sans vérifications préalables. En 2011, l'annonce scientifique établissant que les neutrinos filaient plus vite que la vitesse de la lumière, ébranlant du même coup toute la physique théorique d'Einstein. Eh bien, après vérification, les 60 milliardièmes de seconde de différence entre la vitesse des neutrinos et la vitesse de la lumière étaient dûs à un GPS mal branché. Fausse nouvelle relayée par tous les médias du monde. Des exemples de rumeurs déboulonnées de leur socle : la CIA qui aurait été l'instigatrice de l'attentat terroriste de septembre 2001 : faux. L'assassinat présumé de Kennedy par la CIA, encore une fois : faux également. <br /> <br /> Ça continue ainsi tout au long du livre et les théories mises de l'avant sont vraiment intéressantes. Des explications sensées et scientifiques dans leur traitement. Ça ne donne malheureusement pas une très belle image du monde de l'information d'aujourd'hui où chacun peut affirmer ce que bon lui semble sans se préoccuper des réputations démolies par des affirmations souvent inventées de toute pièce.<br /> <br /> Si je reviens à l'article en titre, il n'est pas surprenant de voir cette journaliste abandonner la profession qu'elle avait choisie. J'aurais probablement fait pareil. Les impératifs imposés aux journalistes d'aujourd'hui sont nombreux et d'une grande subtilité. On croit probablement à tort que les rédacteurs en chef censurent les journalistes mais j'aurais tendance à croire que ces derniers font de l'auto-censure sans même s'en rendre compte. Qui voudrait exercer un métier pareil où les conditions du marché et du média qui t'emploie te portent à t'auto-censurer. Pas moi.<br /> <br /> J'écris en ce moment ce petit mot. Je l'avoue, il m'a été commandé directement par la Chouette pour essayer d'influencer les quelques lecteurs dont vous faites partie. La Chouette m'a dicté elle-même tout ce que je devrais écrire. Alors, voilà, vous savez tout maintenant. Il se pourrait que je démissionne un jour à cause de la Chouette qui me met beaucoup de pression pour performer... Ou peut-être vais-je me suicider une journée ou deux...
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R
Bon, c'est faux, la Chouette n'est pas derrière mes propos. Je voulais seulement lui retrousser les rémiges un peu, mais elle a réagi sans crier au scandale, comme le font généralement les LiBEraux et les CAQuetons. Je remets donc mon suicide à plus tard...
L
Oyé! Oyé! Big sister a un message important à vous communiquer! Depuis la défection de Marina Shifrin, je perds le contrôle de mon équipe de collaborateurs. Je croyais les avoir sous mes griffes, mais je constate qu'ils sont influencés par un fort courant d'émancipation. Maintenant je ne peux plus me porter garante de la qualité des commentaires qui seront émis. Je tiens donc à avertir le lecteur de redoubler de vigilance et d'exercer son esprit critique, surtout lorsque le Roger interviendra. Un grand séducteur que celui-là... Attention à la désinformation! Aujourd'hui plus que jamais, nous avons besoin de têtes bien faites... Et entre nous, ne vous inquiétez pas outre mesure pour le Roger, car il aime échanger avec des gens allumés. C'est plus fort que lui, il carbure à la réflexion... et parfois à la provocation... À qui peut-on encore se fier aujourd'hui? La sagesse populaire en tout cas nous rappelle l'importance de s'abreuver à plusieurs sources...
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