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Chouette philosophie!

La chouette de Minerve (déesse romaine de la sagesse et de la science) symbolise la philosophie. Ce n’est qu’à la tombée de la nuit que la mythique bestiole prend son envol. Avec ses grands yeux allumés, elle nous incite à croire que la nuit est davantage propice à la réflexion et nous permet même de voir plus loin. Pour s’en convaincre, il faut savoir que la portée de l’œil durant le jour est d’à peine quelques kilomètres, alors que pendant la nuit nous percevons des étoiles et des galaxies situées à des millions d’années-lumière… Cher visiteur, ce blog se présente donc comme une chouette invitation à tenter de voir plus loin, plus clair et plus en profondeur. Bonne réflexion !

Une distinction entre l'utile et l'utilitaire...

Publié le 21 Avril 2013 par La chouette

Très belle réflexion de M. Savignac... Il faut cependant faire la distinction entre l'utile et l'utilitaire. L'utile satisfait un besoin, en ce sens je ne vois pas qu'est-ce qu'il y a d'inutile à chanter ou réciter des poèmes autour d'un feu le soir. Par contre, ce n'est pas utilitaire, en ce sens que cela ne comble pas les seuls intérêts matériels. Donc, l'inutilité dont parle M. Savignac a une certaine utilité, mais n'est pas utilitaire. En ramenant tout à l'efficacité, à la productivité, bref à l'économie, je comprends très bien sa nostalgie. Pourquoi sommes-nous autant pressés de courir en avant vers le futur en oubliant de vivre la qualité du moment? À mon sens, c'est parce qu'il est plus facile de se laisser porter par le courant marchant ambiant que de s'arrêter en chemin pour évaluer la situation. Tiens, pourquoi ne pas dépoussiérer sa vieille guitare...

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R
Est-il vraiment utile de réciter des vers ou de chanter autour d'un feu de camp? Je sais, ce n'est qu'une partie du propos de Savignac, mais comme c'est quelque chose qui me touche particulièrement, c'est par là que je commencerai pour pérorer sur ce sujet. Ressortons nos guitares, écrit la Chouette. On dirait vraiment qu'il connaît mon parcours personnel ce volatile...<br /> <br /> Car il fut une époque où je m'adonnais à ces activités avec un plaisir qui me nourrit encore. Guitare en main, les derniers textes de Bob Dylan et John Lennon sur les lèvres, je partageais ma joie de vivre avec mes proches et parfois quelques amis en reprenant la plupart des grands succès musicaux de mon époque. J'allais à la messe plus souvent qu'à mon tour, principalement pour entendre les chants grégoriens qui trouvent encore un écho en moi. Mais il reste que c'est autour d'un feu de camp que j'ai communié pour la première fois. Plutôt retiré et introspectif de nature, j'ai vécu mes premières expériences de socialisation et de partage en chantant et en parlant de musique autour d'un feu. Voilà bien ce que représentent pour moi ces moments irremplaçables qui ont marqué mon adolescence et les débuts de ma vie adulte.<br /> <br /> Bon, je ne crois pas qu'une quelconque génération ait inventé quoi que ce soit de neuf là puisque cette façon de socialiser date de la nuit des temps. Les hommes primitifs, les autochtones, la plupart d'entre nous, avons vécu ce genre d'expérience. Pour cette raison, j'accroche sur le mot inutile utilisé par Savignac. En ce qui me concerne, ce genre de manifestation de groupe m'a aidé à me construire et à me positionner en tant qu'individu par rapport à la société. À mon avis, ce fut primordial pour mon développement personnel; d'où sa grande utilité. <br /> <br /> Pour le reste, je crois que chaque époque a son lot d'obsolescence. Plusieurs choses étaient mieux à mon époque mais rien ne m'empêche d'apprécier moult choses à la mode aujourd'hui. Il y a du bon et du mauvais à chaque époque, je crois. <br /> <br /> L'époque de mon grand-père, au début des années 1900, me rend particulièrement nostalgique. Parce que lui, il prenait le temps de vivre. Les journées de travail étaient longues mais la jasette avec le voisin sur le bord d'une clôture pouvait durer une heure ou plus. Quelque heures plus tard, une bonne sieste à l'ombre d'un gros érable permettait de refaire les forces d'un cultivateur épuisé par le travail très physique de ces années-là. La vitesse folle qui caractérise notre ère use l'homme par en-dedans. Ce n'était pas le cas en 1900, mais d'un autre côté, c'est la misère qui usait son homme et sa femme.<br /> <br /> Que faire? Retourner à l'époque de mon grand-père? Non, sûrement pas, mais il serait peut-être possible de revoir certaines de nos pratiques modernes. Aujourd'hui, on travaille moins d'heures par semaine mais il faut dire qu'on le paie en stress, par exemple. Pour arriver à faire toutes nos tâches, il nous faut faire notre travail deux à trois fois plus vite qu'avant. La Chouette parlait de départager l'utile à l'utilitaire. J'irais un peu plus loin en proposant de revenir à des pratiques plus humaines, quitte à piger dans notre nostalgie des temps passés.
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L
Si ma mémoire est fidèle, il y avait une foule impressionnante de maringouins en délire! Tu vois, mes battements d'ailes n'étaient pas vraiment des applaudissements... Désolé... Mais j'aimerais bien pouvoir applaudir pour vrai un de ces quatre...
R
Merci, chère Chouette, j'apprécie ce commentaire si bien tourné. Après tout, peut-être que j'ai rêvé et que je n'avais que des chouettes pour tout public... un chouette public, quoi!<br /> <br /> Est-ce toi, la Chouette, qui a applaudi des ailes une fois?
L
Du haut de mon cyprès, j'ai vu passer bien des époques et j'ai quelques fois surpris le Roger en «flagrant délit de tendresse» sur sa guitare préférée. Cette activité était bien loin d'être inutile, car il faisait vivre des moments inoubliables à nombre de ses proches. Je crois qu'il aimait propager le beau tout autour. Il savait, sans s'en rendre compte, nous protéger de bien des laideurs. Il a presque fait un Fiori de lui-même en accrochant sa guitare. Où est allé tout ce monde qui avait quelque chose à raconter...
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